Au chaud à Coroico 19/22 août 2015

  • Cathy Ferré
  • Bolivie
Au chaud à Coroico 19/22 août 2015

DERNIÈRE ÉTAPE

Eh oui, voilà la dernière étape de 4 mois de voyage. Après le séjour dans le Sud Lípez et le salar de Uyuní, il ne me reste plus qu'une grosse semaine avant le retour en France et, bien entendu, pas le temps de faire tout ce que j'avais prévu: c'est à dire terminer l'aventure en Amazonie bolivienne! C'est toujours comme ça: il me manque à coup sûr 4 ou 5 jours pour aller au bout du circuit prévu.... Histoire d'avoir des regrets...... et des raisons de revenir!

Le 18 août après-midi, la bande de l'épisode précédent se sépare donc à Uyuní: Pablo et Edu, repartent vers Tupiza; Pierre et Françoise passent la nuit à Uyuní avant de repartir vers le Chili, j'hésite un peu à prendre le bus avec Étienne et Caro pour Potosí, où nous n'avons pas pu aller avec Nicole à cause des grèves de juillet. Ce n'est qu'à quelques heures de route mais j'ai plutôt envie pour mes derniers jours en Amérique du Sud de retrouver un peu de chaleur et de nature tropicale. Donc cap au Nord et les Yungas!

Cette fois, pas de diaporama dans la page, mais n'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir.

UYUNÍ- LA PAZ: NUIT BLANCHE EN BUS DE NUIT

Première partie du trajet: bus de nuit pour La Paz. Camille dans un bus, Àlvaro, son copain allemand et moi dans un autre (un peu plus cher: soi-disant "bus cama" de luxe avec wi fi et chauffage!): à l'arrivée vers 4 heures du matin à la gare routière de La Paz, tout le monde a passé une horrible nuit, à trembler de froid malgré vestes, bonnets et duvet, et secoué comme des puces sur la route entre Oruro et La Paz. Bon, tous les autres trajets nocturnes de mon voyage ont été corrects; alors un épouvantable, c'est dans l'ordre des choses. À La Paz, les garçons partent pour le Pérou, Camille reste dans la capitale et, moi, je prends un taxi pour le terminal de Villa Fatima, d'où des mini-bus rejoignent Coroico en 3 heures.

Au chaud à Coroico 19/22 août 2015
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ROUTE LA PAZ- COROICO

Autrefois, pour rejoindre la région des Yungas, et, au delà, le bassin amazonien, depuis La Paz, tous les véhicules empruntaient le célébrissime Camino de la Muerte, la Route de la Mort: 60 kms de piste très étroite et en zigzag longeant des précipices vertigineux et des dizaines de morts tous les ans. Maintenant une nouvelle route asphaltée rend plus facile la jonction entre basses et hautes terres et permet d'éviter la portion la plus périlleuse; l'ancienne route est donc réservée aux agences touristiques qui y organisent des sorties VTT pour les voyageurs casse-cou en mal de sensations fortes! Très peu pour moi.... Je m'en tiens aux transports en commun... Mais même si la route est désormais plus sure, elle n'en est pas moins très spectaculaire. Depuis La Paz on grimpe d'abord vers le col de la Cumbre situé à 4800 ms, tout proche des glaciers des sommets environnants dépassant les 6000 ms. Il a neigé il y a quelques jours et les paysages sont superbes. Puis on traverse une zone de forêts humides dans le brouillard. Enfin, on rejoint l'ancienne piste qui dévale 3000 métres plus bas vers le charmant village de Coroico, capitale de la province nord Yungas, au milieu d'une végétation luxuriante, avec au loin la Cordillère Royale. Cette région tropicale fournit à la capitale bolivienne fruits, café, canne à sucre, chayote, maïs, bananes, et la coca si chère aux indiens aymaras et quechuas.

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COROICO

Cette petite ville de 3000 habitants, à 1500 m d'altitude, est idéale pour se reposer et se préparer psychologiquement au retour. Je m'installe au Kory Hostal, économique, très bien situé à 2 pas de la place centrale, du marché, des petits restaurants, avec d'immenses terrasses offrant des vues sompteuses et....une piscine! J'y ai passé des heures bien agréables à barboter, bouquiner et bavarder avec les très sympathiques patrons.

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Coroico se trouve à la limite entre Cordillère des Andes et bassin amazonien, sur les flancs de l'Uchumachi, une montagne de 2 500 mètres d'altitude qui offre un panorama magnifique sur toute la vallée, arbres fleuris, flamboyants, plantes tropicales, bananiers et, au loin les sommets enneigés. La place centrale est toujours animée et l'ambiance est très détendue: on est loin de l'austère altiplano. Les promenades sur les hauteurs du village sont splendides.

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EXCURSIONS

Mais pas question de passer 4 jours à buller les pieds dans la piscine. Après avoir lié amitié avec Isabel, la madrilène, et Marggiana, la chilienne, me revoilà sur les chemins, au milieu des plantations de café, arbres fruitiers et champs de coca. Et comme c'est bizarre (et agréable), cette impression de marcher sans avoir besoin de reprendre son souffle toutes les deux minutes!

3000 mètres d'altitude en moins, ça se sent dans les jambes et les poumons!

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LOS VAGANTES

Ballade rafraîchissante le long du fleuve, ses cascades et ses piscines naturelles. On y arrive en traversant les plantations d'arbres fruitiers et de coca et la forêt peuplée de papillons et d'oiseaux de toutes les couleurs.

Bien agréables aussi, le bain de soleil sur les rochers et la trempette dans les jacuzzis....

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Leçons de botanique le long des chemins: où Antonio nous dit tout sur l'utilisation des plantes tropicales et le processus du café. Bon, sur le café, je n'ai plus grand chose à apprendre depuis ma période nicaraguayenne en 1984 mais j'aime toujours autant admirer et respirer les granitos rojos.

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TOCAÑA

De l'autre côté de la vallée, dans le hameau de la Tocaña, vit une communauté afro-bolivienne, descendante des esclaves africains que les colons espagnols ont installés dans les Yungas après avoir constatés qu'ils ne supportaient pas l'altitude et le froid des mines de Potosi. Dans cette région tropicale ils étaient donc plus utiles et travaillaient dans les champs pour approvisionner en aliments les travailleurs des mines. La communauté est connue pour être le berceau de la Saya, une danse et une musique qui puisent leurs origines dans la culture traditionnelle des esclaves africains et des indiens Aymaras. À vrai dire, on a fait une jolie promenade mais on n'a pas rencontré grand monde, la plupart des habitants étant aux champs, si ce n'est José Luís, célèbre anthropologue très baba cool installé dans la région et qui consacre sa vie à l'étude de la communauté.

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LA SENDA VERDE

La Senda Verde est un refuge écologique situé en contrebas de la ville de Coroico. L’histoire de ce lieu a commencé en 2003. Au départ, il s'agissait d'offrir nourriture, douche et hébergement aux touristes qui descendent la “route du la mort” à bicyclette. Puis le projet d'est transformé en un lieu d'accueil et de soin pour animaux de la région, souvent décimés par le trafic illégal. En 2008, Senda Verde a obtenu une certification du ministère de l’environnement. Le centre vit grâce aux dons des visiteurs et au travail bénévoles des volontaires, qui reçoivent dune formation scientifique et technique. Il y a actuellement plus de 400 animaux qui vivent pour la plupart en liberté dans un environnement naturel préservé: des tortues, des singes, des serpents, des caïmans, des perroquets. Bon, ce n'est pas le fin fond de l'Amazonie, loin s'en faut, mais c'est une promenade d'une demi-journée agréable et instructive.

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MERCADO DE COROICO

Bien entendu, Coroico a aussi son marché particulièrement animé le samedi et le dimanche. Paysans aymaras et afro-boliviens s'y retrouvent pour échanger les légumes et fruits tropicaux cultivés dans la région.

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LA CULTURE DE LA COCA

À Coroico, on trouve aussi un important marché de coca. En effet cette plante est cultivée depuis des siècle dans les Yungas qui bénéficient des conditions climatiques idéales. Les estimations chiffrent à 20000 hectares les plantations de cocaiers dans la région. Les places de villages sont souvent recouvertes de grandes bâches plastiques sur lesquelles sèchent les feuilles de coca.

Sacrée du temps des Incas, la coca est prisée des populations andines depuis des siècles pour ses valeurs nutritionnelles et médicinales. En Bolivie, la culture de la coca est autorisée pour répondre aux besoins de la consommation traditionnelle : propriétés médicinales, fabrication de tisanes et pommades, cérémonie religieuses, acullicu, (un mot aymara décrivant l’acte de mastiquer les feuilles pour bénéficier de ses bienfaits). La coca coupe la faim et donne de la force pour travailler, elle permet de lutter contre le mal de l’altitude dans les hauts plateaux andins voisins.

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LA COCA NO ES COCAINA

Mais la feuille, contenant des alcaloïdes, est aussi utilisée par les mafias internationales de narcotrafiquants pour élaborer la cocaïne.

Pour la Bolivie, troisième producteur mondial de coca derrière le Pérou et la Colombie, convaincre la communauté internationale que "la coca no es cocaina" représente un défi majeur. Avant d’être élu président, Evo Morales cultivait lui aussi la coca, dans la province du Chapare. Une culture qu’il a toujours défendue face la politique de « coca zéro », des gouvernements antérieurs qui cherchaient à éliminer sans distinction tous les plants. Arrivé au pouvoir, Evo a entamé une campagne internationale visant à dépénaliser la coca et à la retirer de la liste des stupéfiant. À ce jour, la Bolivie n’a pas réussi à convaincre les Nations unies, mais a obtenu, en 2013, qu’une clause spécifique autorise la culture réglementée et la mastication de la coca sur ses terres.

Voilà ci-dessous à quoi ressemblent les champs et les feuilles de coca.

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RETOUR À LA PAZ, PUIS EN FRANCE

C'est donc à Coroico que s'est achevée mon aventure. Le 22 août en fin d'après-midi j'ai repris le bus pour La Paz où j'ai retrouvé Nathalie pour deux jours dans la capitale (voir article sur la Paz). Puis c'est le rituel habituel du remplissage du sac à dos par le bel artisanat bolivien, dernière soupe de quinoa, dernières empanadas, dernier verre de vino Campo de Solana, courte nuit, taxi le 25 au petit matin pour rejoindre l'aéroport de El Alto. Et long, très long voyage de retour.... La Paz- Santa Cruz-Miami-Londres-Marseille! Fait notable: l'aéroport de Miami m'épargne les tracasseries de l'aller. De quoi faire mieux passer le retour au quotidien après 4 mois de vadrouille et de rencontres.

Mais la vie de tous les jours et le travail ne font pas l'objet de ce blog que je reprendrai au mois de mai pour un nouveau voyage au long cours. Ce sera Cathy de viaje saison 2!

Hasta luego, entonces para vagabundear de nuevo entre Ecuador, Colombia, Perú y Chile, si la Pachamama quiere...

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