Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)

  • Cathy Ferré
  • Colombie
Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)

La Guajira: territoire au bout du bout de la Colombie, pointe nord de l'Amérique du Sud, péninsule partagée avec le Venezuela, désert et terres arides qui plongent dans les eaux turquoise de la Caraïbe. Somptuosité des paysages et misère d'une population abandonnée par les pouvoirs publics qui en livrent les richesses minières aux multinationales..... J'y avais fait deux petits voyages très aventureux et inoubliables, l'un solitaire et l'autre avec des amis français venus me rejoindre quelques semaines, lors de mon long séjour de 1985. Mais, à l'époque, impossible d'aller plus loin que Cabo de la Vela. Cette fois-ci, avec mes compagnes de voyage, Michèle et Claude, le projet était d'aller jusqu'au bout du bout, à Punta Gallinas. Le point d'orgue de cette route 2018. Beaucoup de photos sur cette page de blog. Il faut dire que la Guajira est très photogénique et qu'on en prend plein les yeux. Également en bas de page, quelques annexes culturelles pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur la communauté wayuu. Cette page est longue et j'ai mis du temps à la terminer. Il y avait beaucoup à dire et à montrer. Vous êtes prêts? C'est parti ! Comme d'habitude, cliquez sur les photos pour les agrandir et laissez défiler les diaporamas. Si vous utilisez une tablette, mettez-la en position horizontale.

 

De Minca à Riohacha 

 

​​​​​​Nous avions décidé de garder le parc Tayrona et Santa Marta pour la fin du voyage. Donc nous sommes allées de Minca à Riohacha, capitale de la Guajira, en faisant juste un arrêt pour changer de véhicule à Santa Marta. Les prix des bus étant assez chers en Colombie par rapport aux autres pays sud-américains, en voyageant à trois, on a souvent intérêt pour des petits trajets à prendre un taxi. Depuis Santa Marta, un taxi collectif nous a emmenées en trois heures directement à l'hôtel que nous avions réservé à Riohacha. 

Riohacha

 

Riohacha n'a pas un grand intérêt touristique mais il faut reconnaître que son malecón battu par les vagues a du cachet et que l'ambiance bat son plein sur la plage le dimanche après-midi. C'est plutôt sympa de se promener en plein vent le long du grand muelle qui s'avance dans la mer. Et le centre regorge de restaurants et gargotes où on peut se régaler de poissons et fruits de mer, au son du vallenato. 

 

Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)
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Artisanat wayuu

 

Sur le malecón de Riohacha, les femmes wayuu, venues des communautés du désert, vendent les traditionnelles mochilas, véritables œuvres d'art, aux motifs très variés, résultats d'heures de travail au crochet. Les prix sont difficilement négociables et d'ailleurs on ne cherche pas vraiment à le faire baisser et on marchande juste un peu pour le principe. Une quinzaine d'euros en moyenne pour ces magnifiques sacs multicolores, ce n'est pas cher payé quand on pense aux efforts fournis pour arriver à ce résultat et quand on sait que la Guajira est le département le plus pauvre et abandonné du pays. 

Quelques exemples du bel artisanat guajiro dans le diaporama ci-dessous. 

Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)
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Notre choix de logement à Riohacha: Casa Finca La Maracuya

Un peu éloigné du centre ville mais vraiment top à tous points de vue et avec une équipe aux petits soins. On y a passé une nuit avant et une autre après le tour de trois jours dans la Alta Guajira. Je recommande chaleureusement. 

Le tour 3 jours 2 nuits en Alta Guajira

Pour visiter la Guajira, le plus simple est de passer par une agence et de s'intégrer dans un groupe. En individuel, on peut aller en transport en commun jusqu'à Cabo de la Vela, mais après, ça se complique: pas de bus et des pistes dans le désert où on risque de se perdre. Avec une agence, on part à cinq ou six en 4/4 avec un guide-chauffeur qui connaît parfaitement le terrain et les habitants. Toutes les agences font à peu près les mêmes circuits. Nous on avait choisi Kaí Ecotravel, l'une des plus anciennes à travailler dans la région et réputée pour avoir de bonnes relations avec les communautés et pour embaucher des guides wayuu. 

Salinas de Manaure 

 

La première étape du circuit, à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Riohacha, c'est Manaure. On y arrive en fin de matinée le premier jour: notre chauffeur Angelo, est venu nous récupérer à notre hôtel vers 9h, on fait connaissance avec Lina et Stéphane, nos compagnons pour ces quelques jours et en route pour l'aventure ! Après un arrêt à Uribia, pour faire le plein d'eau, d'essence (de contrebande vénézuélienne por supuesto),  de fruits et de biscuits (destinés, comme vous le verrez plus bas, aux enfants wayuu), nous voilà au milieu des salines, sous un soleil de plomb et une température qui doit avoisiner les 40 degrés. Nous, on est là pour admirer un moment les splendides reflets et les jeux de lumière entre le ciel, les monticules blancs et les bassins d'eaux de mer, puis retourner dans la voiture climatisée. Pour les travailleurs qui y passent douze heures par jour à récolter le sel et à pousser la brouette pour un salaire de misère, c'est une autre histoire. Elles ont un destin étrange, ces salines de Manaure: entreprise d'état il y a des années, elles ont ensuite été cédées aux habitants dans le cadre de la reconnaissance du droit des indiens wayuu sur leur territoire ancestral. Ils se sont organisés en coopérative qui a récemment fait faillite. Ils travaillent donc maintenant pour une firme privée qui les exploite allègrement. Ça laisse toujours un goût amer d'être spectateur, et même voyeur, de ce contraste entre la beauté de la nature et la dureté de la condition humaine. J'avais eu la même sensation en visitant d'autres salines, bien plus au sud, à Maras, au coeur des Andes péruviennes, à retrouver dans ma page de blog de 2015 sur la vallée sacrée. Quelques vues des paysages magnifiques des salines et du dur labeur des ouvriers dans le diaporama ci-dessous. 

Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)
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On the road

 

L'ambiance de l'expédition me rappelle un peu le tour dans le salar de Uyuni en Bolivie. Je vous renvoie à mes pages de blog de 2015. Bien sûr, dans la Guajira, il fait environ 50 degrés de plus que dans le salar et les sommets vertigineux des Andes sont remplacés par les splendides plages de la Caraïbe.  Mais le 4/4 qui fonce dans le désert, la nature magnifique mais rude, l'impression d'immensité, le labyrinthe des pistes entre les cactus, le paysage minéral, les groupes d'indiens qui arrivent de nulle part, voilà bien des points communs entre ces deux destinations si éloignées. Et, comme à Uyuni, on retrouve aux étapes et autour de la table les voyageurs des autres véhicules et c'est souvent plutôt sympa.

Ci-dessous quelques photos d'une partie de la bande et des différents moyens de transport

 

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Galettes et rencontres 

 

Depuis que la Guajira s'est ouverte au tourisme, les agences travaillent avec les communautés locales: certains indigènes sont devenus guides, des familles gèrent les auberges et restaurants du désert dans les rancherías traditionnelles. Le tourisme, s’il est respectueux des cultures traditionnelles et du patrimoine, peut constituer une alternative aux grands projets miniers qui détruisent l'environnement et n'apportent rien aux populations car tous les bénéfices vont dans les poches des actionnaires des multinationales et ne sont absolument pas investis pour améliorer les infrastructures et les conditions de vie des habitants. Échanger avec les Wayuu est une chance unique de découvrir leur mode de vie matriarcal si particulier. Mais tout cela ne va pas sans heurt ni jalousie entre les clans qui composent la société wayuu: les habitants qui se trouvent exclus du circuit touristique tentent de récupérer un peu de leur part du gâteau en barrant les pistes avec des cordes pour réclamer des galettes et vendre de l'artisanat. Le plus souvent c'est très bon enfant mais cela peut aussi donner lieu à des incidents, voire des accidents quand le ton monte, ce dont on a été témoin une fois, sans trop de gravité heureusement. 

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Cabo de la Vela 

 

C'est à Cabo de la Vela que nous logerons le premier jour, dans une de ces "posadas" (auberges)  tenues par les familles wayuu qui participent au projet d'écotourisme dans la région. Les "rancherías" traditionnelles sont construites en bois de cactus et on y dort dans des "chinchorros", magnifiques hamacs tissés par les femmes de la Guajira. Pour quelques pesos de plus, les récalcitrants à la nuit en hamac peuvent avoir une chambre en option. Moi, j'adore dormir en hamac. Les posadas sont modestes mais tout à fait confortables et on y mange plutôt bien. Beaucoup de poisson au menu, ou bien du chivo (de la chèvre). Cabo est le dernier village facilement accessible en bus. Sa longue plage et le vent presque permanent, bienvenu d'ailleurs car il atténue un peu la chaleur écrasante, en ont fait un haut lieu du kitesurfing. 

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Pilón de Azúcar

 

Au programme de l'après-midi du premier jour: baignades et excursion à la sublime plage du Pilón de Azúcar, à proximité de Cabo de la Vela. Au sommet de la colline qui surplombe la côte, le vent décoiffe mais la vue est magnifique. Et, en cadeau, un coucher de soleil de toute beauté depuis le phare.

Diaporama ci-dessous. 

 

Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)
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​​​​​​De Cabo de la Vela à Punta Gallinas 

 

Le deuxième jour de l'expédition, on emprunte des pistes de plus en plus cahotiques, entre mer et cactus, pour rejoindre Punta Gallinas. On traverse un champ d'éoliennes, dont une des particularités est que l'énergie fournie est entièrement transportée vers d'autres département et pas du tout dans les villages où les habitants en sont réduits à utiliser des générateurs à essence pour produire l'électricité.  On croise la voie de chemin de fer qui ne sert à rien d'autre qu'à faire circuler le train privé chargé du charbon extrait dans la mine de El Cerrejón et en partance vers Puerto Bolívar, alors qu'il  n'y a aucun transport public dans la zone. Quand je vous disais que la Guajira était une région abandonnée et exploitée ! Reste la beauté des paysages. Diaporama ci-dessous. 

 

 

 

 

Guajira: au bout du bout (19/22 août 2018)
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Au milieu du désert, entre ciel, sable et mer 

 

Bahía de Portete 

 

Encore un bel endroit pour faire trempette. 

 

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Dunes et plage de Taroa 

 

On continue à admirer la Caraïbe et à se rouler dans ses vagues après avoir grimpé puis dévalé les magnifiques dunes de Taroa. 

 

 

 

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Au nord du Sud 

 

Ça y est! Nous voilà à la pointe nord du continent sud-américain. Au phare de Punta Gallinas: un univers de sable et de rochers, de vent et de vagues, où les touristes européens ont laissé leurs traces en construisant des cairns de pierres. On y déposera les nôtres aussi bien sûr. 

 

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Bahía Hondita 

 

C'est la dernière étape avant le retour vers Uribia,  puis Riohacha. Notre deuxième posada du trajet surplombe la jolie baie Hondita. Encore une soirée sympa avec les copains de rencontre,  encore une nuit en chinchorro traditionnel avec en supplément gratuit un magnifique ciel étoilé. Et après le petit déjeuner en route pour notre point de départ: d'abord en lancha qui traverse la baie, ce qui nous permet de saluer au passage pélicans et flamands roses. Puis notre chauffeur, Angelo, fonce sur les pistes pour nous déposer vers 16h00 à notre hôtel de Riohacha,  où on se plonge avec délice dans la piscine.  En diaporama les dernières images de cette aventure guajira. 

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Notre trio de baroudeuses

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Pour en savoir plus sur le peuple wayuu 

 

Le peuple wayuu a pu résister pendant des siècles à l’assimilation systématique des peuples autochtones par les colonisateurs.  Progressivement, cette indépendance de fait s’est réduite comme peau de chagrin avec le développement dans la région de projets d'extraction minière comme à El Cerrejon (une des plus importantes mines de charbon du monde), ou pétrolifères comme à Maracaibo, du côté vénézuélien.  Longtemps pris entre les tirs croisés des groupes paramilitaires ou guerrilleros qui se disputèrent la région du fait de sa localisation stratégique, ouvrant un corridor informel pour les trafics en tout genre, les Wayuu ont subi de nombreuses exactions, assassinats ciblés, violences et déplacements depuis des décennies. Aujourd’hui, la situation est certes apaisée mais d’autres problèmes viennent aggraver les stigmates du conflit. En effet, la zone est de plus en plus affectée par la sécheresse persistante et les ressources naturelles s’amenuisent. La pénurie d’eau mène les Wayùu « au bord de l’extinction », on recense en effet de nombreux cas de décès ces dernières années liés aux manques d’eau et de nourriture. Le gouvernement central colombien n’y prête guère attention et l’accès aux soins ou à l’éducation reste clairement limité. La société civile s’est récemment indignée des conditions de vie dans certaines parties de la Guajira. La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a d’ailleurs été saisie et a ordonné à la Colombie de prendre des mesures d’urgence et de prévention pour sauver les populations wayuu particulièrement vulnérables....

Lecture à continuer dans le lien ci-dessous. 

 

 Jeunesse wayuu 

 

 

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Rubrique cinéma latino

 

En prime, mon article pour FALMAG, la revue de mon association sur ce magnifique film qui doit bientôt sortir sur les écrans français. Bande-annonce juste en dessous. 

 

Pájaros de Verano: entre thriller et tragédie grecque chez les Indiens Wayuu de la Guajira colombienne


En 2015, Cristina Gallego et Ciro Guerra avaient déjà enthousiasmé le public de la quinzaine des Réalisateurs avec L’étreinte du serpent, film récompensé dans de nombreux festivals. Cette année, les réalisateurs mettent à nouveau l’accent sur la confrontation entre tradition et modernité au sein de communautés indigènes, mais cette fois, ils abandonnent la luxuriante forêt amazonienne et ses mystères chamaniques, pour le désert de la Guajira, au nord de la Colombie. Le film aborde le thème si contemporain du narcotrafic, en l’inscrivant dans les coutumes et la culture Wayuu. En effet,  une famille indigène, comprenant qu'il peut se révéler très rentable de planter et de vendre de la marijuana, participe peu à peu à la naissance des cartels de la drogue, dans les années 1970, et prend inexorablement un pouvoir démesuré qui compromet la paix de la région. Oiseaux de passage commence comme une fable dont l’ambiance et les personnages - sévères ou truculents - ne sont pas sans rappeler L'incroyable et triste histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique, le roman de Gabriel García Márquez, lui aussi situé dans ces contrées étranges et hostiles: les premières scènes, à forte dimension ethnographique, décrivent les efforts déployés par un jeune indien peu fortuné pour rassembler le bétail et les bijoux exigés en dot par la famille de l’élue de son cœur. Pour arriver à ses fins, il s'associe à son meilleur ami et se lance dans le trafic de marijuana auprès de touristes - et agents de la CIA- étasuniens : les premiers convois se font à dos d'âne, mais le commerce produira vite des bénéfices juteux, transformant les modestes familles de paysans en clans qui finiront par se dresser l'un contre l'autre pour dominer ce qui deviendra un véritable empire, et établissant les bases de l'organisation des narcotrafiquants latino-américains d’aujourd'hui. 
Cette saga, structurée en cinq actes s’étalant sur dix ans,  prend des airs de tragédie grecque tout en ravivant chez le spectateur le souvenir d’innombrables films de gangsters inscrits dans sa mémoire cinéphile : liens familiaux, amours interdites, trahisons, défense de l’honneur, enrichissement rapide, engrenage de la violence, règlements de compte, vengeance, frénésie meurtrière : tous les ingrédients des œuvres de Coppola ou Scorsese sont là, mêlés d’une peinture très réaliste de cette société matriarcale, qui continue à parler la langue native, à entretenir des relations familiales fusionnelles et à vivre au cœur du désert. Doté d’un grand sens esthétique, Pájaros de Verano  exploite avec brio la majesté des paysages et la beauté des visages, offre au public des plans virtuoses et utilise avec  justesse un casting où se côtoient des habitants de cette région méconnue et des acteurs professionnels. Ce « Scarface » guajiro, qui allie suspense et souci anthropologique, est  une belle réussite. Sortie prévue sur les écrans français début 2019.

Prochain épisode: Parque Tayrona. No te lo pierdas

 

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Eric GASPA 15/12/2019 07:28

MARCHAND AMBULANT HIER, ET AUJOURD'HUI JE SUIS À LA TÊTE DE PLUSIEURS
BOUTIQUES DE PRÊT À PORTER
Je suis Abdoul Samadou, 29 ans un jeune commerçant ambulant a Yamoussoukro
qui a toujours cru en lui et à ses ambitions cela ma poussé a fait la découverte
du grand Maître MEDAR qui ma aider a devenir l’un des plus grands commerçants de mon pays.
Avant j'était marchand ambulant dans les rues de Yamoussoukro.
Ce n’était vraiment pas facile de marcher à longueur de journée pour pouvoir vendre ses produits.
Il y avait des jours avec et des jours sans. je pouvait rester plusieurs jours sans vendre un seul vêtement.
j’ai pu connaître le vrai bonheur dans ma vie avec le Maître MEDAR.
Aujourd'hui je suis à la tête d’une grande chaîne de boutique
de prêt à porter qu’on peu remarquer un peu partout sur les rues de Yamoussoukro.
Comme quoi il suffit juste de croire et d’être muni d’un désir ardent et d’une tension constante de réussir.
Je tiens vraiment à fait ce témoignage pour le remercier;il intervient aussi pour ceux qui ne trouve pas d'enfant et beaucoup d'autre domaine.
Contacts du Grand Maître MEDAR
Appel et Whatsapp : +22 996 883 650

caca 15/12/2019 07:20

Bonjour, je vous présente le Professeur BILL
Un voyant médium unique à votre service pour vous aider à atteindre votre but ou à changer votre vie.
Vous avez besoin d'aide pour surmonter les difficultés que vous rencontrez dans votre vie amoureuse, professionnelle, ou sociale. Ses services vous aideront à retrouver la bonne voie.
N'hésitez pas de le contacter pour toutes questions et prise de rendez-vous
E-mail: princemedar@gmail.com
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